La loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux libertés et aux fichiers est le pivot de tout ce qui concerne le traitement d'informations en France. Il existe 2 principes : la déclaration auprès de la CNIL et le droit à l'information. Cette loi est issue de la crainte que suscite les gros systèmes informatiques. Il y a eu une volonté de certaines personnes de limiter les risques d'atteinte aux libertés individuelles. Le danger venait notamment du recoupement de ces informations dans le but d'établir des profils. C'est pour cette raison, que l'on a créé la CNIL, pour sauvegarder la vie privée des gens.
La loi du 6 août 2004 vient modifier la loi informatique et liberté de 1978.
On parle de plus en plus souvent de données personnelles que d'informations nominatives. La nouvelle loi parle de données personnelles. La loi est désormais centrée sur le contenu et non plus sur le contenant. Désormais, un simple fichier papier devient assujetti à cette loi.
Selon un rapport de la CNIL, il y a eu l'an dernier 60 000 déclarations préalables dont 23 000 pour Internet. On voit aussi une augmentation du nombre de plaintes, ce qui prouve que les individus prennent conscience de leurs droits. Par exemple, l'an dernier la CNIL a relevé 6000 plaintes soit 40 % d'augmentation. (Exemple : certaines personnes ne peuvent exercer leur droit d'opposition sur des données les concernant). Cf. Les articles 226-16 et 226-17 du code pénal qui prévoient des sanctions pénales pour le non-respect de ces formalités. Les peines peuvent aller de trois à cinq ans d'emprisonnement.
Nous l'avons vu, la loi du 6 janvier 1978 repose sur deux principes : une déclaration et une information préalables. Quand on parle de déclaration, il ne s'agit pas d'une procédure soumise à autorisation, on peut donc mettre en place traitement, mais la déclaration doit être préalable à la mise en oeuvre du fichier.
Les données personnelles sont toutes données qui permettent d'identifier une personne physique. Que cette identification soit directe ou indirecte (exemple : des dates de naissance peut-être moyenne d'identifier une personne, il en est de même pour le courrier électronique ou même un numéro d'identification qui est forcément rattachée à une personne physique ainsi que des données professionnelles). La loi a donc un champ d'application très large.
Pour l'obligation de déclaration, dans la loi de 1978, il y avait trois procédures : une procédure de déclaration simplifiée, une demande normale (ou ordinaire) et une procédure de demande d'avis.
1. La procédure de déclaration simplifiée : est possible quand on rentre dans une des normes simplifiées édictées par la CNIL. Si c'est le cas, il suffira alors de remplir un formulaire simplifié. Mais il faut être dans l'un des cas prévus à cet effet.
2. La procédure de déclaration normale ou ordinaire : il s'agit de la procédure à utiliser par les entreprises dans tous les autres cas.
3. La procédure de demande d'avis : cette procédure concernait les établissements publics. La loi du 6 août 2004 à modifier ce point, désormais les établissements publics peuvent bénéficier des mêmes procédures (simplifiée ou ordinaire).
Les éléments que l'on demande lors de la déclaration : il faut préciser la finalité du traitement (en cas de non-respect sanctions pénales), préciser les services. Il faut aussi les caractéristiques techniques exemple : l'application est-elle en réseau, qui y a accès, quelle est la procédure de sécurité mise en place… Il faut aussi expliquer le type d'informations traitées (exemple : adresse) et la CNIL va vérifier si cela est bien en rapport avec la finalité déclarée.
Il faudra aussi prévenir de la durée de sauvegarde des informations. Il faut indiquer qui va être destinataire des informations à savoir si elles sont conservées dans l'entreprise ou transmise à des tiers. Ce point est renforcé par la loi du 6 août 2004, il faut désormais préciser la zone géographique du destinataire.
Depuis la loi de 1978, il y avait une procédure de demande d'avis pour les établissements publics. Désormais, que l'on soit établissement privé ou public, il faut un avis dès que l'on est en face d'un traitement de données sensibles. Ce que l'on appelle un traitement sensible, c'est ce qui concerne les caractéristiques physiques des personnes comme les éléments biométriques (exemple : les empreintes digitales).
Deuxième volet de la loi de 1978 : le droit d'accès des personnes fichées. L'article 34 de la loi de 1978 donne un droit d'accès aux informations qui sont détenues et en parallèle le droit de communication doit se faire dans un langage clair.
Le droit de rectification permet de faire rectifier l'information, l’effacer ou la mettre à jour (il existe des limites à ce droit notamment quand on est en relation contractuelle avec une entreprise, exemple : la banque).
À partir du moment où l'on fait une demande d'accès, l'entreprise doit répondre dans un délai d'un mois, sinon on peut saisir la CNIL.
Dans un arrêt de la cour de justice des communautés européennes du 6 novembre 2003, il a été précisé que la référence à des personnes identifiées sur un site Web constitue un traitement de données à caractère personnel (il s'agissait d'un site avec une liste de personnes). Dans un formulaire il faut informer les individus du caractère facultatif ou obligatoire des réponses. Si l'on tire les conséquences d'un défaut de réponse, il faut les en informer. Il faut prescrire les cases pré cochées (le consentement doit être quelque chose d'express).
Il faut également signaler sur le site que le traitement a fait l'objet d'une déclaration à la CNIL et informer les visiteurs qu’ils disposent d'un droit d'accès et de rectification.
Quelques cas particuliers :
-les fichiers logs : a priori ce ne sont pas des fichiers nominatifs mais quand ils le deviennent, il faut une déclaration. Il ne faut pas les concerner plus d'un mois.
-le cas d'intranet : ici on est dans le cas d'un service offert aux salariés, néanmoins il est fréquent que le réseau soit ouvert à des organismes extérieurs, cela revient exactement à transmettre des informations à d'autres entreprises et donc il faut en informer les personnes de ces accès possibles.
-le problème des cookies : il s'agit ici de la question de la loyauté des collectes. Si l'internaute n'est pas averti des cookies, il peut en recevoir sans les avoir accepter, il faut donc indiquer la façon dont l'internaute peut régler son navigateur.
-le problème des badges pour les entreprises qui contrôlent le temps de travail : cela nécessite de déclarer ce fichier auprès de la CNIL. Le refus d'un salarié de ce badger est une faute si le traitement est déclaré auprès de la CNIL.
Quelques exemples rendus en cette matière :
-premier domaine relatif aux moeurs d'une personne. Un étudiant a été condamné à 18 mois avec sursis pour avoir mis sur sa page personnelle des photos de son ex petite amie avec des commentaires.
-problème des sites Internet de société d'édition et des groupes de presses lors de la mise en place d'archives dans deux affaires l’Express et Libération. Les archives faisaient resurgir des condamnations de personnes qui avaient purgé leur peine depuis longtemps. Elles sont assignées ses journaux sur la base de la loi de 78 puisque ces archives avaient été mises en ligne sans leur accord. Il y avait ici un conflit entre deux libertés constitutionnellement protégées à savoir la liberté d'expression et le droit à la vie privée. Les juges ont retenu le principe de la primauté de la liberté d'expression cas il ne s'agissait pas nouvelle communication.
-problème des sites concernant les mineurs. La CNIL recommande que ces sites avertissent les mineurs de ne pas divulguer d'informations nominatives. Le site doit avoir l'autorisation expresse avant la collecte d'informations personnelles et enfin la CNIL recommande d'obtenir l'accord des parents avant la mise en ligne d'une photo de l'enfant.
-problème des cartes bleues : la CNIL est venue dire qu'il ne peut y avoir de collecte et d'exploitation possibles de la carte en dehors des activités normales de la banque. Il faut l'accord de la personne si le numéro est conservé au-delà du temps nécessaire à la réalisation de la transaction.
Yannick Tettini
La cybersurveillance appliquée à l'entreprise concerne le contrôle par l'employeur des usages des nouveaux outils technologiques par les salariés.
La Federal Trade Commission (FTC) américaine a condamné la société ChoicePoint - hébergeant des informations bancaires - à payer une amende de 15 millions de dollars pour s'être fait pirater un serveur, lequel contenait des données personnelles sur ses clients. D'autres sociétés américaines avaient déjà eu affaire au même type d'intrusion (Bank of America, Citigroup, Mariott...) mais ChoicePoint est la première a être condamnée pour négligeance de sécurité.
Chaque année, 
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