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Mercredi 25 janvier 2006

Le réalisateur du film à succès "Les Choristes", Christophe Barratier, a décidé d'attaquer en justice pour "l'exemple" des annonceurs achetant des espaces publicitaires sur les sites de téléchargement illicite, qu'il accuse notamment de complicité de contrefaçon.

"Le principe de cette action n'est pas d'obtenir une réparation financière, mais quelque chose qui serait plutôt de l'ordre de l'exemple, du symbole", a expliqué mardi le cinéaste lors d'une conférence presse à Paris, où il était entouré notamment du président de la Chambre syndicale des Producteurs de Films (CSPF), Jean-François Lepetit, et du producteur Jacques Perrin.

M. Barratier, dont le film pouvait être téléchargé à peine 15 jours après sa sortie en salles, demande notamment la publication d'encarts d'une décision de justice condamnant ces pratiques aussi bien dans la presse écrite que sur des sites internet.

Les annonceurs visés par cette action devant le Tribunal de grande Instance (TGI) de Paris sont Neuf Telecom, AOL France, Telecom Italia France, Voyages-sncf.com, FINAREF et La Française des Jeux. Une audience soit se tenir mercredi à partir de 13h30 devant la 31e chambre correctionnelle du TGI.

En procédant à l'achat de bandeaux publicitaires et de fenêtres pop-up sur ces sites P2P, les annonceurs contribuent au financement de ces sites et à leur développement, se rendant par là-même complices de la contrefaçon du film, et confèrent à ces sites un vernis de respectabilité pour les internautes", a estimé mardi dans un communiqué la CSPF.

"L’exemplarité du comportement de l’ensemble des annonceurs apparaît plus que jamais nécessaire, tout particulièrement à l’aube de l’examen du projet de loi sur les droits d’auteurs et droits voisins dans la société de l’information", a-t-elle souligné

"Pour l'internaute, rien n'est plus rassurant que de voir des marques prestigieuses parrainer des sites permettant le téléchargement gratuit d'oeuvres cinématographiques", a jugé le président de la CSPF, Jean-François Lepetit.

"Nous souhaitons mettre un terme à ces pratiques et arriver à un code de bonne conduite entre le milieu du cinéma et les fournisseurs d'accès à internet", a-t-il estimé.

Sollicitées mardi matin, deux des entreprises poursuivies, Neuf Telecom (Neuf Cegetel) et Telecom Italia France (Alice), n'avaient toujours pas réagi en milieu d'après-midi.

Christophe Barratier et Jean-François Lepetit sont tombés d'accord pour souligner la nécessité d'une action pédagogique en direction des internautes.

"Ce qui est difficile à comprendre pour les jeunes internautes, c'est qu'il s'agit d'un vol : quand on vole un téléphone, c'est facile à comprendre, alors que lorsqu'on vole un fichier numérique, on ne s'en rend pas compte", a déclaré le cinéaste.

"De la même façon que c'est mieux de traquer les dealers que de réprimer les drogués, il y a une action de pédagogie du même ordre à réaliser en direction des internautes", a-t-il conclu.

© Agence France-Presse

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par Yannick Tettini publié dans : Télécoms, FAI & Internet
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